L’emploi des pilotes fragilisé par la guerre au Moyen-Orient
Les dernières données de trafic passagers avant la guerre au Moyen-Orient, dans les aéroports européens a progressé de +4,6 % en janvier 2026, selon les données d’ACI Europe.
Cette reprise reste cependant contrastée : les marchés hors Union européenne ont tiré la croissance (+8,8 %), tandis que la zone « UE+ » (Union européenne, Royaume-Uni, Norvège, Suisse, Islande) progresse plus modestement (+3,6 %).
Les Pays-Bas (-7,3%), l’Italie (+4,1%), l’Allemagne (+3,5%), l’Espagne (+2,6%), la France (+2,1%) et le Royaume-Uni (+2%).
Les performances varient fortement selon les pays : L’aéroport d’Istanbul (SAW, +14,3%), devient ainsi la première plateforme européenne en nombre de passagers, devant Londres-Heathrow.
Malgré ce redémarrage encourageant, ACI Europe souligne que le conflit au Moyen-Orient pourrait rapidement peser sur les perspectives de trafic et sur la connectivité entre l’Europe et l’Asie.
L'analyse de l'APNA:
La croissance du trafic dans l’Union européenne atteint +3,6 % en 2025.
Rapportée à une population d’environ 50 000 pilotes dans l’Union européenne – et près de 60 000 si l’on inclut l’Europe élargie avec la Turquie – cette progression représente environ 1 800 pilotes supplémentaires par an en liés à la croissance du trafic.
À cela s’ajoute le renouvellement naturel des carrières. Avec une durée moyenne d’activité d’environ 30 ans, le remplacement représente près de 1 700 pilotes par an pour 50 000 pilotes. Avant la guerre au Moyen-Orient, le besoin total du marché se situait donc autour de 3500 recrutements annuels, cohérent avec les perspectives de croissance de 2,5% à 3,5% établies par Eurocontrol avant le conflit avec l’Iran.
Toutefois, le conflit déclenché la semaine dernière au Moyen-Orient bouleverse les prévisions de trafic et rend les perspectives très incertaines.
Le retour possible en Europe de pilotes expatriés dans les compagnies du Golfe pourrait également accentuer la saturation du marché de l’emploi en Europe.
Dans tous les cas, le volume d’embauche était et restera largement inférieur à la production des écoles de pilotage européennes, estimée autour de 9 000 nouveaux pilotes par an.
La pénurie de pilotes, souvent évoquée par les écoles de pilotage, n’a en réalité jamais existé et pourrait devenir potentiellement une crise de l’emploi des pilotes.