Hausse du pétrole : quand le carburant peut absorber jusqu’à 40 % des coûts d’une compagnie aérienne
La dégradation durable de la situation au Moyen-Orient fait peser une menace sur près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz, faisant craindre une hausse durable du prix de l’énergie.
Pour le transport aérien, fortement dépendant du kérosène, l’impact pourrait être rapide.
En période normale, le carburant représente environ 20 % des coûts unitaires d’une compagnie aérienne. Mais lorsque le prix du pétrole augmente et que la demande en carburéacteur se tend, cette part peut rapidement approcher 40 % des coûts et au-delà, d’autant que l’écart entre le prix du baril et celui du kérosène dépend aussi des capacités de raffinage et de la demande spécifique du secteur aérien.
Face à cette volatilité, les compagnies pourraient recourir à des surcharges carburant souvent insuffisantes pour compenser les pertes, tout en profitant éventuellement d’un dynamisme accru du fret aérien dans un contexte de tensions sur les chaînes logistiques mondiales.
L'analyse de l'APNA:
Le carburant demeure la principale variable économique du transport aérien.
Les compagnies tentent d’en lisser les effets par des politiques de couverture, généralement sur 6 à 12 mois et autour de 60 à 70 % de leurs besoins, via des achats progressifs par tranches.
Mais ces couvertures ne font que retarder l’impact de la hausse : les contrats se renouvellent progressivement et les contreparties intègrent déjà les anticipations d’augmentation du prix du pétrole.
L’augmentation des coûts finit donc inévitablement par se diffuser dans les comptes des compagnies.
Dans ce contexte, les transporteurs n’ont souvent d’autre choix que de réintroduire des surcharges carburant, avec un risque sur la demande, en particulier sur les flux touristiques long-courriers sensibles au facteur prix.
La progression du fret aérien, traditionnellement corrélée aux tensions sur les chaînes logistiques, pourrait compenser marginalement cette hausse des coûts.
Mais l’incertitude concurrentielle demeurera lors de la reprise des activités des compagnies du Golfe avec la guerre tarifaire pour reconquérir des parts de marché, adossée à des stratégies d’influence économique —démontrée par le Qatar Gate.