Fret aérien : quand les chaînes logistiques se bloquent, les tarifs s’envolent
La guerre au Moyen-Orient perturbe fortement le principal corridor logistique entre l’Asie et l’Europe.
La fermeture partielle des hubs du Golfe et des espaces aériens a entraîné une chute brutale de capacité de fret, estimée jusqu’à –40 % sur certains axes.
Résultat : retards de livraison, marchandises bloquées et flambée des tarifs.
Cette crise intervient alors même que le trafic de fret aérien en Europe progressait encore de +6,4 % sur un an, avec de fortes hausses à Liège (+18,1 %), Istanbul (+17,1 %) et Paris-CDG (+12,5 %).
L'analyse de l'APNA:
Comme à chaque rupture des chaînes logistiques mondiales, les taux de fret explosent dès que la capacité disparaît.
Le transport aérien n’échappe pas à cette règle. Les compagnies du Golfe – Emirates, Qatar Airways ou Etihad – représentaient à elles seules près de 13 % de la capacité mondiale de fret.
Leur paralysie partielle désorganise immédiatement l’axe stratégique Asie-Europe.
Or une réalité opérationnelle s’impose, au redémarrage des hubs, les compagnies privilégieront donc logiquement le transport de passagers plutôt que les vols cargo dédiés.
À cela s’ajoute une contrainte supplémentaire : la réduction des vols de nuit pour des raisons de sécurité, qui reporte une partie des opérations sur des créneaux diurnes.
Dans l’air chaud du Golfe persique, les performances des avions diminuent et la charge marchande doit être réduite, limitant encore la capacité disponible.
Dans un contexte où la demande de fret était déjà en forte hausse en Europe, la combinaison d’une capacité réduite et de routes allongées entraîne mécaniquement une flambée des tarifs, qui finira par se répercuter sur les prix des biens transportés.