IAG : Quand l’Atlantique protègeet que l’Est pénalise
Le groupe International Airlines Group (IAG), maison mère de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling, affiche en 2025 des résultats record : 5,024 milliards d’euros de résultat d’exploitation (+17,3 %) pour 33,21 milliards de chiffre d’affaires, soit une marge historique supérieure à 15 %.
À titre de comparaison, Air France-KLM génère 2 milliards d’euros de résultat d’exploitation pour 33 milliards de chiffre d’affaires (6 % de marge), avec un objectif de 8 % à horizon 2028. Le groupe Lufthansa Group viserait moins de 6 % en 2025.
La force d’IAG repose sur deux bastions : Londres-Heathrow, première porte d’entrée européenne des États-Unis (49 % de part de marché sur la JV transatlantique), et Madrid-Barajas, hub dominant vers l’Amérique latine (45 % de part de marché). Iberia devient la compagnie la plus rentable du groupe (16,2 % de marge).
Pendant que le Moyen-Orient s’embrase et que l’espace aérien russe reste fermé aux Européens – offrant aux compagnies chinoises près de 80 % du trafic Chine–France –, IAG bénéficie d’un positionnement géographique intact sur l’Atlantique Nord et Sud.
L'analyse de l'APNA:
Une marge opérationnelle de 6 %, même assortie d’un résultat historique d’environ 1 milliard d’euros, ne constitue pas un matelas financier suffisant pour un groupe comme Air France-KLM.
Dans une industrie aussi capitalistique que la nôtre, le seuil de soutenabilité se situe autour de 8 % : c’est à partir de ce niveau que l’on peut financer sereinement le renouvellement de flotte, la montée en puissance des SAF, la modernisation des cabines et la transformation digitale — avant même de commencer à rembourser les près de 10 milliards d’euros de dettes héritées du Covid.
À 6 %, on maintient l’équilibre. À 8 %, on reconstruit. Au-delà, on sécurise l’avenir.
Or cette marge historique, déjà insuffisante, est fragile. Si les crises géopolitiques perdurent — guerre au Moyen-Orient, instabilité durable des flux internationaux — la pression sur les coûts s’intensifiera. Une hausse durable du prix du pétrole, qui représente 20 à 40 % des coûts d’exploitation d’une compagnie, viendrait mécaniquement éroder la rentabilité, même avec des politiques de couverture efficaces à court terme.
La guerre actuelle ne sera favorable à personne. Certes, les compagnies du Golfe — Qatar Airways, Emirates, Etihad Airways — sont aujourd’hui les plus exposées.
Mais l’onde de choc énergétique et économique touchera l’ensemble du transport aérien mondial.
Source : https://lessentieldeleco.fr/6014-le-rafale-garde-ses-donnees-le-f-35-les-livre-a-washington/