Détroit d’Ormuz : le choc pétrolier qui menace l’équilibre des compagnies aériennes
Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran et la riposte régionale font flamber le prix du baril, passé de 65 à 80 dollars en quelques jours.
Les menaces iraniennes sur le détroit d’Ormuz — par lequel transitent près de 20 % du pétrole et du GNL mondiaux — font peser un risque majeur sur l’approvisionnement énergétique mondial.
Malgré l’annonce par l’OPEP d’une hausse de production de 206 000 barils/jour, la capacité de compensation reste limitée tant que le détroit demeure sous tension.
Les assureurs majorent déjà leurs primes, des tankers patientent en dehors de la zone et les réserves stratégiques américaines sont inférieures d’un tiers à leur niveau de 2022.
Si le blocage devait durer, l’épuisement progressif des stocks créerait une pénurie physique, au-delà du simple choc spéculatif. Les analystes redoutent une flambée durable des cours, avec un baril installé au-dessus de 100 dollars.
L'analyse de l'APNA:
Pour les compagnies aériennes, le carburant représente 20 à 40 % des coûts d’exploitation. Depuis 2025, un pétrole modéré a mécaniquement soutenu les résultats financiers, permettant le redressement des marges après la crise Covid.
Certes, les transporteurs couvrent généralement 60 à 80 % de leurs achats sur 6 à 18 mois. Cette couverture amortit le choc immédiat. Mais elle ne l’annule pas : si les prix restent durablement élevés, les nouvelles tranches de couverture se feront à des niveaux supérieurs, comprimant mécaniquement les marges.
Un blocage prolongé du détroit d’Ormuz serait un tournant stratégique : après l’effet financier viendrait le risque physique d’approvisionnement. Lorsque 20 % du pétrole mondial se retrouve sous menace, c’est toute la chaîne aéronautique qui retient son souffle.
L’aérien français, déjà fragilisé par des prélèvements massifs — près de 5 milliards d’euros cumulés en 2025 -- ne peut absorber indéfiniment des chocs exogènes majeurs.