La bataille du ciel européen se joue désormaissur les marges et non plus sur le trafic
Les résultats 2025 des trois grands groupes européens confirment que la bataille du ciel ne se joue plus seulement sur le trafic, mais sur la rentabilité. IAG domine nettement avec 33,2 Md€ de chiffre d’affaires, près de 5 Md€ de résultat opérationnel et une marge proche de 15 %, portée par l’Atlantique Nord, Heathrow, le premium et Iberia.
Air France-KLM surprend positivement avec plus de 33 Md€ de chiffre d’affaires, plus de 2 Md€ de résultat opérationnel et près de 1,4 Md€ de résultat net, grâce à la montée en gamme, Flying Blue et la réorganisation autour de Transavia. Lufthansa reste le plus grand groupe, avec près de 40 Md€ de chiffre d’affaires et plus de 100 000 salariés, mais sa complexité, ses coûts et son exposition à l’Asie limitent sa rentabilité.
Le carburant et la consolidation européenne deviennent les prochains arbitres de cette compétition.
L'analyse de l'APNA:
Les résultats 2025 montrent surtout que l’avenir du transport aérien européen se jouera désormais sur les marges bien plus que sur la croissance du trafic. Dans un contexte de kérosène durablement cher, pouvant représenter jusqu’à 45 % des coûts d’exploitation en période de tension géopolitique, les écarts de rentabilité deviennent déterminants. IAG dispose aujourd’hui d’une avance stratégique majeure grâce à sa discipline financière et à son exposition aux marchés premium les plus rentables.
À l’inverse, Air France-KLM et Lufthansa restent fragilisés par des coûts plus élevés, une moindre rentabilité et des structures plus lourdes, alors même qu’Air France est toujours lesté de 2,4 Md€ de dette covid à rembourser. Le problème devient d’autant plus sensible que les passagers apparaissent de plus en plus réticents aux hausses tarifaires, avec des réservations plus tardives et une forte élasticité-prix, particulièrement sur le marché loisirs et low cost.
Dans le même temps, les contraintes budgétaires poussent le gouvernement français à multiplier les surtaxes sur l’aérien, tandis qu’aux Pays-Bas, ce sont davantage des choix politiques et environnementaux qui conduisent à la limitation des vols et au renforcement de la « flight tax ». Ces politiques commencent désormais à produire des effets visibles sur la demande, mais surtout sur la compétitivité des hubs européens face aux compagnies américaines, asiatiques et du Golfe, bénéficiant souvent d’environnements fiscaux et réglementaires beaucoup plus favorables.