Ryanair : Hublot arraché sur un B737 de 18 ans : Michael O’Leary a déjà conclu l’enquête du NTSB
Le 10 juillet 2026, une avarie moteur non contenue sur un Boeing 737-800 de Malta Air (vol FR1879) a projeté des débris qui ont éventré un hublot, provoquant une décompression et l'aspiration partielle d'un passager, ramené vivant à Thessalonique.
Dix jours plus tard, Michael O'Leary attribuait le dommage à un « corps étranger » et écartait tout lien avec l'âge ou la maintenance de l'appareil. Le NTSB, enquêteur principal, l'a officiellement réprimandé : ces déclarations violent l'Annexe 13 de l'OACI, et aucune cause — y compris l'âge et la maintenance de l’avion — n'est à ce jour écartée. Rapport préliminaire attendu mi-août, rapport final à l'été 2027.
L'analyse de l'APNA:
Une enquête technique n'a qu'un but : comprendre pourquoi un appareil a failli, afin d'empêcher que cela ne se reproduise. Elle n'attribue pas de fautes et suppose que toutes les parties — dont le transporteur — coopèrent en gardant ouvertes toutes les pistes.
C'est cet équilibre qu'O'Leary a rompu. En désignant un « corps étranger » et en jurant que ni l'âge ni la maintenance de l’avion ne sont en cause, il substitue à la recherche des causes une opération de communication : préserver l'image d'une flotte présentée comme sûre, alors qu'une part significative dépasse quinze ans. Or aucune hypothèse n'est probante, et le NTSB rappelle qu'il n'a rien exclu. En cherchant déjà à se dédouaner, une partie à l'enquête risque d'en fermer prématurément les pistes.
Mais le fait le plus édifiant reste sans doute le faible retentissement médiatique de l'incident. Un hublot arraché, un passager partiellement aspiré : tout pour faire les gros titres, et pourtant c'est passé presque inaperçu — quand de banals demi-tours techniques nourrissent des articles à sensation. Un silence qui interroge autant que les déclarations d'O'Leary.