Le kérosène à plus de 40 % des charges, l'alerte rouge
Le baril de Brent a atteint 100 dollars le 23 juillet 2026. Un seuil qui n’avait pas été plus franchi depuis fin mai. La cause : l'élargissement du conflit au Moyen-Orient à la mer Rouge, après la revendication par les Houthis yéménites, alliés de l'Iran, d'attaques contre deux pétroliers saoudiens et l'annonce d'un blocus de la flotte d'Arabie saoudite.
Avec le détroit d'Ormuz déjà verrouillé par l'Iran, Riyad avait reporté ses exportations sur le port de Yanbu (75 % de ses volumes habituels, selon PVM) ; une fermeture du détroit de Bab el-Mandeb menacerait cette route vers l'Asie, allongeant les trajets de 20 à plus de 50 jours.
L'analyse de l'APNA:
Derrière la flambée du brut se joue un problème plus aigu : le kérosène. Avant la crise, la moitié de celui consommé en Europe transitait par Ormuz, aujourd'hui verrouillé. Depuis, une reconfiguration partielle des approvisionnements a été mise en place. S'y ajoute un second choc : la moitié des raffineries russes ont été touchées dans la guerre Ukraine-Russie. Résultat, le kérosène atteint 168 dollars le baril en Europe, plus du double d'avant-guerre (82 dollars).
L'effet est direct : le carburant, environ 25 % des charges des compagnies, en représente désormais plus de 40 %. Or leurs marges sont faibles — 4 % pour Lufthansa, 6 % pour Air France-KLM, jusqu'à 15 % pour les meilleurs (IAG, Ryanair). Absorber une telle hausse est impossible.
Si la crise dure, l'enchaînement est mécanique. Avant même une pénurie plus ou moins généralisée, on passera sans doute par une nouvelle envolée des prix pour les compagnies US et européennes : un choc financier en soi. Puis, faute d'approvisionnement, les compagnies devront réduire leur offre — fréquences, lignes, capacités. Cette contraction menace leur équilibre et, à terme, l'emploi du secteur.