L’industrie française construitles bombardiers d’eau du futur

Face à l’augmentation des incendies de forêt, plusieurs industriels français développent de nouveaux bombardiers d’eau destinés à préparer l’après-Canadair. Hynaero travaille sur le Fregate-F100, amphibie capable d’emporter 10 tonnes d’eau avec une entrée en service visée en 2032. Kepplair Evolution développe un ATR72 multi-rôle dont le premier prototype doit arriver à Toulouse à l’été 2026 pour une certification espérée en 2027. Positive Aviation propose également une version amphibie de l’ATR72 avec des premières livraisons annoncées à partir de 2028.

Ces projets répondent à un besoin croissant alors que la « Sécurité civile » française ne dispose plus que de douze Canadair et huit Dash 8 vieillissants, tandis que seuls deux nouveaux appareils Canadair à 80 millions l’unité sont attendus en 2028 face au 35 millions l’unité du projet Keppler prévu en 2027. Au-delà de l’innovation, l’enjeu devient industriel et politique : la constitution d’une filière française du bombardier d’eau dépendra largement du soutien public dans un contexte où les feux de forêt devraient devenir plus fréquents et plus intenses.

L'analyse de l'APNA:

L’effervescence industrielle française est encourageante et démontre la capacité de la filière aéronautique à préparer le renouvellement des moyens aériens de lutte contre les incendies. Mais tous ces projets se heurtent au même obstacle : le temps long de la certification. Même le Kepplair 72, dont les travaux avec l’EASA ont débuté depuis plus d’un an, n’est pas attendu avant 2027, tandis que les projets amphibies d’Hynaero et de Positive Aviation nécessiteront encore plusieurs années de développement.

Or l’urgence est immédiate. La flotte actuelle vieillit, sa disponibilité devient plus difficile à maintenir et les besoins augmentent chaque été. L’Espagne apporte une réponse pragmatique en testant dès 2026 un kit Airbus permettant à un A400M de larguer jusqu’à 20 000 litres d’eau ou de retardant. Sans remplacer les avions amphibies, cette solution offre une capacité complémentaire rapidement mobilisable.

Avec 25 A400M déjà en service, la France dispose d’un levier immédiat pour renforcer ses moyens. Face à l’urgence climatique, la question n’est plus seulement celle du bombardier d’eau de demain, mais aussi des capacités disponibles aujourd’hui.

Source : https://www.air-journal.fr/2026-05-31-airbus-a400m-kit-anti%E2%80%91incendie-lespagne-muscle-son-arsenal-contre-les-incendies-dete-5275438.html

Précédent
Précédent

Le kérosène est sécurisé, la fluidité du transport aérien ne l'est pas

Suivant
Suivant

Leasing aérien : après les ACMI, les compagnies remettent les clés de leur flotte aux bailleurs