Le kérosène est sécurisé, la fluidité du transport aérien ne l'est pas

Les inquiétudes concernant une éventuelle pénurie de kérosène en Europe pour la saison estivale se sont fortement atténuées. Selon l'IATA, les compagnies disposent désormais d'une visibilité satisfaisante sur leurs approvisionnements cet été, malgré un contexte géopolitique qui impose de rester vigilant.

La demande demeure dynamique, avec des réservations intra-européennes supérieures à celles de l'an dernier, mais une baisse de près de 15% des réservation hors Union Européenne. En revanche, le secteur redoute le déploiement du nouveau système européen d'entrée-sortie (EES) aux frontières de l'espace Schengen.

L'enregistrement biométrique obligatoire des voyageurs non européens risque d'allonger significativement les temps de contrôle et de créer des files d'attente importantes dans plusieurs grands aéroports européens, avec pour conséquence des correspondances manquées et une dégradation de la qualité de service.

Les discussions en cours sur la révision du règlement européen EU261 relatif aux droits des passagers alimentent également les préoccupations des transporteurs.

L'analyse de l'APNA:

Cet été, la principale menace pour le transport aérien européen n'est donc plus l'approvisionnement en carburant, mais la capacité des États à mettre en œuvre efficacement les réglementations qu'ils ont eux-mêmes décidées. Le système d'entrée-sortie (EES), conçu après les attentats de 2015 pour renforcer la sécurité et le contrôle des frontières, répond à un objectif légitime et fonctionne déjà dans certains pays, comme l'Allemagne. Les difficultés annoncées résultent davantage des retards de déploiement et des choix technologiques de certains États, notamment la France, que du principe même de la réforme. En revanche, la multiplication de mesures européennes sans véritable analyse de leur impact concurrentiel demeure préoccupante.

Les compagnies supportent déjà près de 8 milliards d'euros de coûts liés aux retards qu'elles ne maîtrisent pas. Demain, une extension géographique du système de quotas d’émission de CO2 (ETS) aux vols extra-européens créerait un nouveau désavantage compétitif pour les transporteurs européens tout en exposant l'Union à des mesures de rétorsion de grands États comme les États-Unis. Une politique efficace doit concilier ambition réglementaire et réalisme économique.

Source : https://www.latribune.fr/article/transports/44817975042661/pas-de-penurie-de-kerosene-cet-ete-mais-le-spectre-de-files-d-attente-interminables-dans-les-aeroports

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