Heathrow mise sur 108 000 emplois pour défendre sa troisième piste - pendant que Roissy plafonne

Heathrow place l'emploi au cœur de sa campagne pour l'expansion : son exploitant estime qu'une troisième piste soutiendrait plus de 108 000 emplois au Royaume-Uni (construction, ingénierie, industrie, apprentissage), avec le soutien des syndicats GMB, Unite, Community et de UK Steel. Le projet porterait la capacité théorique de l'aéroport à 756 000 mouvements et jusqu'à 150 millions de passagers par an, contre une capacité aujourd'hui jugée saturée.

L'opération, chiffrée à environ 33 milliards de livres (dont le déplacement d'un tronçon de l’autoroute M25), serait financée à 100 % par des capitaux privés. Mais les 108 000 emplois relèvent d'une projection de l'exploitant, quand le Department for Transport n'en retient qu'un peu plus de 60 000. Surtout, le feu vert n'est pas acquis : la consultation sur le Heathrow Expansion National Policy Statement s'est close le 1er septembre, mais le Parlement doit encore l'examiner avant une procédure d'autorisation distincte. Les obstacles majeurs restent environnementaux — budgets carbone, neutralité climatique, qualité de l'air, plafond de bruit calé sur 2024 — ainsi que la capacité des accès routiers et ferroviaires.

L'analyse de l'APNA:

En comparaison de Heathrow, l’aéroport de CDG a un atout que Londres n'a pas : ses quatre pistes existent déjà. Si Roissy affiche un trafic (≈ 72 M de passagers en 2025 pour déjà 84,5 M à Heathrow) et un nombre de mouvements (473 798, contre 807 625 à Atlanta, aéroport doté des 2 mêmes doublets de CDG) inférieurs, ce n'est pas un problème matériel : c'est que la croissance du trafic n'est pas au rendez-vous. La preuve : on trouve sans difficulté des créneaux à CDG, ce qui n'est pas le cas à Heathrow, saturé.

Cette disponibilité est un avantage : elle maintient l'aéroport ouvert à la concurrence, là où Heathrow fonctionne en flux tendu avec ses 2 pistes. Et si la demande repartait, Roissy n'aurait que ses infrastructures terminales à financer, les pistes étant déjà là. La vraie contrainte à venir n'est donc pas la piste mais les gares — CDG 2 EF est saturé en pointe.

Pour une fois, la France peut se féliciter d'un investissement bien dimensionné. Reste l'enjeu du prochain contrat de régulation économique (CRE) : maîtrise des redevances et investissement terminal avec notamment une mise à niveau du taux d’abattement (CNT) des taxes et redevances sur les passagers en correspondances, avec la concurrence des autres Hubs européens.

Source : https://www.air-journal.fr/2026-09-12-troisieme-piste-londres-heathrow-avance-largument-de-108-000-emplois-au-royaume-uni-5277440.html

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