Guerre au Moyen-Orient : la crise bouscule l’équilibre des hubs du Golfe et donc l’emploi pilotes

Malgré la fermeture partielle de l’espace aérien régional depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Emirates parvient à maintenir une activité réduite grâce au protocole de crise ESCAT et à des couloirs aériens sécurisés ouverts par les autorités des Émirats arabes unis.

La compagnie opère encore environ 76 % de son programme vers 82 destinations, alors que plus de 46 000 vols ont été annulés dans la région depuis le 28 février.

Ce programme réduit permet de préserver une partie des liaisons long-courrier essentielles mais ne permet plus d’assurer le niveau de correspondances qui faisait la force du hub de Dubaï avant la crise.

Dans le même temps, Qatar Airways et Etihad restent beaucoup plus contraintes par les restrictions de l’espace aérien régional.

L'analyse de l'APNA:

La crise actuelle met sous tension le modèle des hubs du Golfe.

Même si Emirates parvient à maintenir une partie de son programme grâce aux couloirs sécurisés, le niveau de correspondances n’a plus rien à voir avec celui qui faisait la force de Dubaï.

Qatar Airways et Etihad, qui ne bénéficient pas des mêmes dispositifs, restent encore plus pénalisées. A cela s’ajoute la perte de couverture d’assurance des passagers qui se déplacent en zone de guerre.

Dans ce contexte, une partie des passagers se détourne des correspondances dans le Golfe pour privilégier les vols directs opérés depuis l’Europe occidentale vers l’Asie.

Ces compagnies récupèrent ainsi une partie du trafic perdu depuis quinze ans face aux hubs du Moyen-Orient.

Mais ce retour des vols directs n’est pas sans coût. Les détours imposés pour éviter les zones de conflit allongent les temps de vol, alors que le prix du kérosène reste très élevé.

La crise n’est donc pas nécessairement favorable aux compagnies européennes.

Le principal bénéficiaire pourrait être Istanbul. Le hub de Turkish Airlines offre une alternative crédible aux correspondances du Golfe pour les passagers prêts à faire escale afin de réduire le prix du billet.

Enfin, la durée du conflit sera déterminante pour l’emploi des pilotes : un ralentissement prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner, comme lors du Covid, le retour de nombreux pilotes expatriés vers l’Europe et une nouvelle saturation du marché.

Source : https://www.air-journal.fr/2026-03-15-comment-emirates-continue-de-voler-grace-au-controle-durgence-escat-quand-qatar-et-etihad-sont-clouees-au-sol-5273758.html

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