Guerre au Moyen-Orient : évacuations aériennes sous tensionet recomposition du tourisme mondial
La guerre déclenchée autour de l’Iran a profondément perturbé le transport aérien régional.
Les fermetures d’espaces aériens et les restrictions imposées aux grands hubs du Golfe – Dubaï, Doha ou Abou Dhabi – ont provoqué l’annulation de milliers de vols et bloqué des milliers de passagers.
À l’instar de l’ensemble du Golfe arabique, des plateformes importantes comme le Koweït ou Bahreïn sont également touchées par ces perturbations, laissant Oman apparaître comme l’un des rares points relativement préservés sur le plan sécuritaire.
Pour quitter la zone, deux filières se développent : les opérations de rapatriement organisées par les États et les vols charters privés dont les prix peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.
Des plateformes encore ouvertes comme Mascate ou Riyad servent désormais de points de sortie vers l’Europe ou la Turquie.
Dans le même temps, la crise bouleverse le tourisme mondial : les réservations vers l’Égypte ou la Jordanie chutent fortement tandis que les destinations européennes, notamment l’Espagne, bénéficient d’un report de la demande.
L'analyse de l'APNA:
La crise rappelle l’importance stratégique pour un pays de disposer d’une compagnie aérienne solide.
Lorsque les réseaux commerciaux se désorganisent, seuls des transporteurs disposant d’avions, d’équipages et d’une organisation robuste peuvent participer aux opérations de rapatriement.
La crise Covid l’avait déjà démontré : la capacité d’un État à ramener ses ressortissants dépend directement de la solidité de son pavillon aérien.
Le prix très élevé des vols d’évacuation s’explique aussi par l’explosion du coût des assurances dans les zones de guerre.
Lors de la première guerre du Golfe en 1991, la seule prime d’assurance pouvait atteindre près de 2 millions de francs par vol.
Dans un contexte de risques balistiques et de fermeture d’espaces aériens, ces surcoûts pèsent lourdement sur l’organisation des opérations.
Enfin, le tourisme international confirme une règle constante : la demande se déplace immédiatement vers les destinations perçues comme sûres, redessinant en quelques semaines la géographie mondiale du transport aérien.
Source : https://www.aerobuzz.fr/transport-aerien/iran-le-business-des-vols-charters-devacuation/