Quand le prix du kérosène s’écarte du prix du baril, les marges des compagnies disparaissent
Face à la forte hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient, Air France et KLM ont décidé d’augmenter leurs tarifs sur les vols long-courriers.
Pour les billets émis depuis le 11 mars 2026, un aller-retour en classe économique coûtera environ 50 euros de plus.
Cette décision intervient alors que le baril de Brent est passé d’environ 72 dollars avant le conflit à plus de 103 dollars, soit une hausse supérieure à 40 %.
Le carburant d’aviation a quant à lui atteint près de 168 dollars le baril selon l’indice Platts.
L'analyse de l'APNA:
Pour les compagnies aériennes, la difficulté ne réside pas seulement dans la hausse du pétrole brut.
En période de crise, l’écart – lespread – entre le prix du baril et celui du kérosène tend à fortement s’élargir.
Produit raffiné minoritaire, le carburant aviation dépend des capacités de raffinage et peut augmenter beaucoup plus vite que le brut.
Alors que le Brent est passé d’environ 72 à plus de 100 dollars, le kérosène est passé d’environ 90 à près de 170 dollars le baril.
Avec une consommation proche de 60 millions de barils par an, chaque hausse de 10 dollars du carburant coûte environ 600 millions de dollars à Air France-KLM.
Le passage du kérosène de 90 à près de 170 dollars le baril représente ainsi un choc potentiel supérieur à 4,5 milliards de dollars, soit bien davantage que le bénéfice annuel du groupe.
Dans les faits, cet impact est partiellement atténué. Les politiques de couverture carburant, qui sécurisent généralement 60 à 70 % des besoins à court terme, permettent d’amortir temporairement le choc.
Parallèlement, les surcharges carburant appliquées sur les billets contribuent à en compenser une partie. Elles ne neutralisent pas la hausse mais permettent de limiter l’érosion du résultat d’exploitation, qui s’élevait à environ 2 milliards d’euros en 2025.