Compétitivité européenne : Air France dans un ciel asymétrique

Le groupe Air France-KLM poursuit son redressement avec une marge opérationnelle portée à 6,1 % en 2025 (contre 5,1 % en 2024) et un résultat d’exploitation record de 2 milliards d’euros pour 33 milliards de chiffre d’affaires.

Sous l’impulsion de Ben Smith, la stratégie de premiumisation accélère : +17 % de chiffre d’affaires en La Première, +9 % en business et +18 % en premium economy.

Le groupe a transporté 102,8 millions de passagers (+5 %), malgré un léger tassement du coefficient de remplissage à 87,2 %.

L’objectif stratégique est clair : dépasser 8 % de marge opérationnelle d’ici deux ans, seuil minimal jugé indispensable pour financer les investissements de flotte et de montée en gamme, avant même de pouvoir absorber pleinement les quelque 10 milliards d’euros de dettes contractées durant la crise Covid.

Air France affiche une marge de 6,7 %, quand KLM plafonne à 3,2 %, pénalisée notamment par la flambée des redevances à Amsterdam-Schiphol (+41 %).

Transavia reste déficitaire (-49 M€), fragilisée par la fiscalité française et le renouvellement de flotte vers les A320/A321neo.

Le flux transatlantique, notamment au départ des États-Unis, demeure le principal moteur de rentabilité, dans un contexte géopolitique pourtant dégradé.

L'analyse de l'APNA:

Derrière ces résultats encourageants, l’équation stratégique d’Air France demeure fragile.

La compagnie affronte une concurrence extra-européenne qui ne subit ni le contournement de l’espace russe, ni les restrictions africaines, ni la fiscalité domestique punitive, ni les contraintes environnementales unilatérales imposées en France et en Europe.

Pendant que nos équipages allongent leurs routes avec des surcoûts carburant et temps de vol, les concurrents extra européens bénéficient de trajectoires optimisées et d’environnements fiscaux bien plus favorables, et parfois positifs comme aux USA et à Singapour.

Dans un contexte géopolitique durablement instable – Ukraine, Moyen-Orient, fragmentation africaine – la distorsion de concurrence devient structurelle.

La premiumisation est une réponse pertinente pour capter la valeur, mais elle ne compensera pas indéfiniment ces écarts.

La défense du pavillon français impose une exigence claire : réciprocité fiscale, environnementale et opérationnelle.

Sans équité, la rentabilité retrouvée restera vulnérable au moindre choc externe.

Source : https://www.latribune.fr/article/transports/11084943919886/comment-air-france-klm-parvient-a-faire-decoller-sa-rentabilite

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