Appel aux dons pour soutenir les stagiaires ESMA en faillite
La liquidation judiciaire d’Airways Aviation France (ex-ESMA) à Montpellier touche 25 salariés et 98 élèves, dont 40 ont intégré l’école après la date de cessation des paiements.
L’obligation de régler quasi intégralement les 100 000 € de frais de formation en 12 mois les laisse aujourd’hui avec un crédit lourd… et une formation inachevée.
Chaque élève versait 23 000 € à l’entrée, puis 5 000 à 7 000 € par mois.
Placée en redressement judiciaire à l’été 2025, l’école a pourtant continué à recruter jusqu’aux dernières semaines. Les organes de la procédure ont laissé se poursuivre inscriptions et encaissements, alors même que la cessation des paiements remontait à six mois.
L’incendie criminel de mai 2025 ayant détruit quinze appareils n’a fait qu’accélérer une situation déjà compromise.
L’actionnaire basé à Dubaï se présente comme investisseur philanthropique, mais aucune solution concrète n’est aujourd’hui proposée aux stagiaires. Élèves et salariés se mobilisent pour financer les procédures et empêcher que ce scénario ne se reproduise ailleurs.
L'analyse de l'APNA:
Encore une fois, le rêve de cockpit se fracasse sur l’irresponsabilité collective.
Après Airways College, PFT, Alpes Aéro, l’Escadrille, GMTA ou EATIS, voici 98 vocations supplémentaires sacrifiées.
Le plus grave ? Quarante stagiaires ont signé après la cessation des paiements, contraints d’avancer 100 000 € en un an.
Cette situation impose désormais des mesures claires :
Interdiction immédiate de recruter de nouveaux stagiaires en cas de procédure collective, sauf à garantir juridiquement la représentation intégrale des sommes non consommées en cas de liquidation.
Contrôle strict du ratio des avances de trésorerie des stagiaires rapportées au chiffre d’affaires, indicateur objectif du non-respect de la loi qui prévoit un paiement par phase de formation avec rapport d’un commissaire aux comptes ;
Vérification effective de l’“Evidence of Sufficient Funding” exigée par EASA, et non un simple contrôle documentaire.
Il est urgent d’organiser une action coordonnée de la DGAC, de la DRIETS (inspection du travail) et de la GTA, afin de prévenir les dérives, contrôler les flux financiers et sanctionner les abus. La protection des stagiaires doit devenir une priorité régalienne.
Former un pilote ne relève pas d’un commerce spéculatif. C’est un engagement professionnel et humain de long terme. Si nous ne sécurisons pas le modèle économique des écoles, c’est toute la crédibilité de la filière aéronautique française qui sera atteinte.
👉 Soutenir les élèves de l’ESMA
La totalité des dons sera affectée au collectif de l’ESMA :
Former un pilote n’est pas vendre un produit d’appel.
C’est engager une vie. Notre crédibilité collective est en jeu.