SCAF : visions divergentes France/Allemagne, destin commun ?

Le Système de combat aérien du futur (SCAF), lancé en 2017, projet à 100 milliards d’euros, doit remplacer vers 2040 le Rafale et l’Eurofighter Typhoon.

Conçu comme un système global associant chasseur de nouvelle génération, drones, capteurs et cloud de combat, il représente le programme militaire européen le plus ambitieux.

Mais les besoins divergent. La France exige un appareil capable d’assurer la dissuasion nucléaire et d’opérer depuis un porte-avions.

L’Allemagne, qui ne possède ni arme nucléaire nationale ni porte-avions, privilégie un avion plus lourd centré sur l’emport conventionnel.

Ces différences doctrinales structurantes rendent la convergence complexe, au moment même où l’Europe affiche son ambition d’autonomie stratégique.

L'analyse de l'APNA:

Le désaccord est stratégique avant d’être industriel. Dans les états-majors, la maxime est désormais acquise : « La donnée est le carburant de la guerre moderne ».

Or le recours accru au F-35 Lightning II pose une question centrale. Les données collectées par les flottes mondiales de F-35 sont transmises vers des serveurs situés aux États-Unis, créant une dépendance structurelle.

Le coût à l’heure de vol du chasseur américain oscille entre 40 000 et 50 000 dollars, contre environ 15 000 dollars pour le Rafale.

Chaque acquisition engage un pays pour plusieurs décennies dans un écosystème technologique et doctrinal non européen.

Trois voies s’offrent donc à l’Europe : un SCAF ambitieux sous gouvernance claire ; des programmes parallèles assumés avec d’un côté Dassault et de l’autre Airbus Défense ; ou une intégration croissante dans l’architecture américaine.

En aviation de combat, choisir l’avion, c’est choisir la liberté politique qui l’accompagne.

Source : https://lessentieldeleco.fr/6014-le-rafale-garde-ses-donnees-le-f-35-les-livre-a-washington/

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