Afrique : bientôt un quart de l’humanité… et seulement 3 % du trafic aérien
Air France affiche clairement ses ambitions africaines en célébrant 90 ans de présence au Sénégal.
Le continent représente déjà 20 % de son chiffre d’affaires pour seulement 15 % des sièges offerts, avec une croissance deux fois plus rapide que sur le reste du long-courrier (6 % contre 3 %).
Pour accompagner cette dynamique, la compagnie déploie des appareils de nouvelle génération comme l’Airbus A350 et le Boeing 787, investit dans ses cabines premium et maintient un réseau d’agences physiques adapté aux réalités locales.
Dans le même temps, le transport aérien africain se restructure en profondeur.
Après les échecs d’Air Afrique ou les difficultés de South African Airways, de nouveaux champions émergent et consolident leurs hubs : Ethiopian Airlines à Addis-Abeba, Royal Air Maroc à Casablanca, EgyptAir au Caire ou encore RwandAir à Kigali.
Alors que l’Afrique représentera bientôt près d’un quart de la population mondiale, sa part dans le trafic aérien mondial ne dépasse encore que quelques pour cent.
L’enjeu n’est donc pas la répartition d’un marché mature, mais l’essor d’un marché appelé à croître massivement, porté par la démographie, l’urbanisation, le tourisme et le besoin vital de connectivité sur un continent aux infrastructures terrestres limitées.
L'analyse de l'APNA:
l’Afrique ne doit pas être vu comme un champ de bataille commercial, mais comme le grand réservoir de croissance du XXIᵉ siècle.
Un continent qui comptera bientôt 2,5 milliards d’habitants ne peut durablement rester à 3 ou 4 % du trafic mondial.
Les distances, l’insuffisance des infrastructures terrestres et l’essor d’une classe moyenne jeune rendent l’avion indispensable au développement économique, sanitaire, éducatif et touristique.
La question n’est donc pas que la part d’Air France face à Ethiopian ou Royal Air Maroc, mais aussi la taille future du marché africain.
Pour la France, il existe cependant une rupture stratégique majeure : la fin progressive de la « Françafrique ».
Pendant des décennies, des liens historiques, politiques et économiques ont facilité la présence d’Air France sur le continent.
Ce cadre a disparu. Les nouvelles générations africaines diversifient leurs partenariats, les influences se recomposent, la concurrence se mondialise.
Désormais, la présence française ne pourra reposer ni sur l’héritage ni sur la nostalgie, mais sur la compétitivité, la qualité de service, la coopération industrielle et la formation. Airbus, Safran, nos écoles, nos équipages ont toute leur place dans cette nouvelle phase.
Source : https://www.laquotidienne.fr/transport-aerien-et-tourisme-le-reveil-de-lafrique/