Raffinage en déclin : la dépendance énergétique française devient critique

Face à la flambée du gazole liée à la crise au Moyen-Orient, l’État demande aux raffineries françaises de produire au maximum.

Mais après des décennies de fermetures, la France ne dispose plus des capacités suffisantes.

Le pays est désormais dépendant à près de 50 % des importations de diesel, principalement du Moyen-Orient, alors même qu’il reste quasi autonome en essence.

Cette fragilité s’explique par des choix industriels anciens, des marges longtemps faibles ayant entraîné le retrait des majors, et le virage post-Dieselgate qui a rendu certaines installations obsolètes.

Adapter les raffineries restantes est complexe, coûteux et long.

Les marges de progression sont très limitées : les ajustements possibles ne représentent que quelques pour cent. La crise actuelle met ainsi en lumière une dépendance structurelle au raffinage, impossible à corriger à court terme.

L'analyse de l'APNA:

Cette crise met en évidence une vulnérabilité stratégique majeure pour l’aérien européen. Contrairement aux perceptions, il n’existe pas encore de pénurie physique de distillats en Europe. Mais cet équilibre est précaire : des tensions pourraient émerger dès la fin avril, y compris avec des raffineries fonctionnant à plein régime.

La dépendance aux importations, notamment en provenance du Koweït dont les capacités resteront durablement dégradées (autour de 50 %), annonce une reprise lente et incertaine.

Le véritable choc est celui des prix. En un mois, le kérosène a plus que doublé, à +118 % en Europe. Les compagnies n’annulent pas leurs vols faute de carburant, mais parce que l’économie de nombreuses lignes bascule dans le rouge.

Elles ajustent donc rapidement leur programme en supprimant les rotations non rentables, signe d’un rééquilibrage brutal de l’offre.

Pour Air France, malgré des couvertures proches de 70 % à court terme mais progressivement réindexées aux prix du marché, l’impact reste massif : entre 1 et 2 milliards d’euros en 2026. Dans un environnement déjà pénalisé par la fiscalité, cette crise creuse l’écart avec les concurrents.

Elle rappelle une réalité : sans maîtrise du raffinage, souveraineté énergétique et compétitivité aérienne restent durablement fragilisées.

Source : https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/89055074671442/raffinage-du-diesel-pourquoi-la-france-a-perdu-la-main?utm_source=rlt-selli&utm_medium=newsletter&utm_campaign=industrie-service-27032026&M_BT=101852385

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