Norse Atlantic à vendre : davantage des créneaux à vendre qu’une compagnie à reprendre
La compagnie norvégienne Norse Atlantic Airways a confié à JPMorgan la recherche d’un repreneur après seulement quelques années d’exploitation. Créée en 2021 pour reprendre le créneau du low cost transatlantique abandonné par Norwegian, elle exploite des Boeing 787 entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
Malgré une augmentation de capital de 110 M$, une ligne de crédit de 70 M$ et plusieurs mesures de réduction des coûts, la compagnie peine à atteindre la rentabilité. Elle réduit certaines lignes, développe la location de ses avions à d’autres transporteurs et concentre son activité sur les routes les plus porteuses. Cette mise en vente illustre les difficultés persistantes du modèle low cost long-courrier, déjà à l’origine des échecs de Norwegian, Wow Air ou Primera Air.
L'analyse de l'APNA:
L’histoire de Norse confirme l’échec quasi systématique du low cost long-courrier. Les recettes du succès du low cost européen — utilisation intensive des avions, aéroports secondaires moins coûteux et concurrence sociale — perdent l’essentiel de leur efficacité sur les vols intercontinentaux. Les compagnies doivent utiliser les grands aéroports, les rotations sont naturellement longues et les pilotes doivent être recrutés parmi les personnels expérimentés, aujourd’hui rares donc chers, alors que l’Europe produit chaque année près de 9000 pilotes dits Low Timers pour moins de 4000 embauches.
À cette faiblesse structurelle, Norse Atlantic ajoute l’absence de couverture carburant significative au moment où la crise d’Ormuz maintient une forte pression sur le kérosène tout en pesant sur la demande. Le ralentissement du trafic crée désormais un excès d’avions disponibles, réduisant encore l’intérêt stratégique de la compagnie. Hormis quelques marchés de niche comme l’outre-mer exploité par French Bee, le modèle low cost long-courrier peine toujours à démontrer sa viabilité économique durable. Norse n’a finalement guère plus à vendre aujourd’hui que ses créneaux d’aéroports.