Le piège du kérosène

Le transport aérien mondial est fragilisé par sa dépendance au kérosène. Le détroit d'Ormuz est un point critique, concentrant près de 20 % du pétrole mondial et plus de 40 % du kérosène. Toute perturbation menace donc directement l’approvisionnement, une fois les réserves stratégiques épuisées.

L’Europe est particulièrement exposée en raison de sa dépendance aux importations, de la baisse de ses capacités de raffinage (hormis en Espagne) et de stocks limités à quelques semaines dans des pays comme l’Allemagne. Les compagnies réagissent en ajustant leurs opérations.

Lufthansa prévoit de retirer ses avions les plus consommateurs (4 A340-600 et 2 B747-400), tandis que Ethiopian Airlines perd 135 millions$ par semaine malgré 100 vols annulés hebdomadairement tandis que Spirit Airlines aux USA et Ascend Airways en Grande-Bretagne cessent leurs opérations.

Les carburants durables restent insuffisants à court terme. Le plan de la Commission européennes « AccelerateEU » vise à sécuriser l’approvisionnement, mais s’inscrit dans le long terme, sans réponse à la crise actuelle.

L'analyse de l'APNA:

Au-delà de la gestion immédiate de la crise du détroit d’Ormuz, l’enjeu central devient celui des alternatives énergétiques. Celles-ci existent, mais restent inégalement matures. Les avions électriques sont aujourd’hui limités au très court-courrier, tandis que l’hydrogène demeure une perspective pour le court-courrier, encore éloignée d’une mise en œuvre industrielle. Dans ce contexte, les carburants durables d’aviation apparaissent comme la solution souveraine mobilisable à grande échelle aux conditions d'un prix raisonnable et d'un cadre réglementaire permettant d'éviter les distorsions de concurrence.

Le véritable levier est donc politique et industriel : orienter les mécanismes de taxation du transport aérien vers le financement des SAF permettrait d’accélérer leur production et d’en réduire progressivement le coût.

Dans ce cadre, les perspectives de surproduction électrique annoncées par RTE ouvrent une opportunité stratégique majeure. Le développement des e-SAF pourrait ainsi répondre à un double objectif : produire un carburant durable, lui-même acteur du stockage de l’électricité verte dont le niveau de production est aléatoire.

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/trump-pret-a-nationaliser-la-compagnie-aerienne-spirit-pour-eviter-sa-liquidation-2227979

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