Flambée du carburant : l’action Air France sous pression
La flambée du kérosène, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, fragilise fortement Air France-KLM.
En trois semaines, les prix du jet fuel ont bondi de plus de 100 %, entraînant une chute du titre de près de 6 % en séance et de plus de 30 % en un mois.
Malgré une couverture carburant couvrant environ 70 % des besoins à court terme, la compagnie doit adapter sa tarification avec des surcharges de 50 à 70 € sur le long-courrier.
Les perspectives restent incertaines, avec des anticipations de prix durablement élevés en 2026, pesant sur les marges et la demande.
Dans ce contexte, l’ensemble du secteur aérien est sous pression, entre hausse des coûts, incertitudes géopolitiques et capacité limitée à répercuter intégralement les surcoûts sur les passagers.
L'analyse de l'APNA:
Nous basculons d’une volatilité conjoncturelle vers une crise énergétique structurelle.
Le différentiel entre pétrole (+60 %) et jet fuel (+118 %) traduit une tension majeure sur le raffinage. Pour Air France-KLM, où le carburant représentait plus de 20 % des coûts avant la guerre d’Iran, l’impact est immédiat.
La couverture carburant amortit, mais ne protège pas : elle décale un choc pouvant dépasser 2 milliards d’euros, soit bien plus que le résultat opérationnel 2025.
Le risque devient systémique, avec des tensions d’approvisionnement déjà visibles chez Vietnam Airlines.
Dans ce contexte, les réponses classiques (hausse des prix, réduction des coûts, ajustement du réseau) restent insuffisantes.
Pire, la désorganisation du trafic et les régulations en Europe fragmentent l’offre, tandis que les compagnies du Golfe, moins contraintes, peuvent relancer des politiques tarifaires agressives et capter la demande long-courrier.
Dans un environnement français déjà surtaxé, cette crise agit comme un accélérateur : perte de compétitivité, dilution des parts de marché et transfert de valeur hors d’Europe.
Sans coordination européenne et sans stratégie énergétique, le décrochage devient inévitable.