Approvisionnement en kérosène : une situation maîtrisée en France, des risques à l’international

Depuis Athènes, Emmanuel Macron affirme qu’il n’y a pas de risque de pénurie de carburant en France à ce stade, malgré la guerre au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz. Le gouvernement insiste sur l’existence de stocks stratégiques suffisants et appelle à éviter toute panique.

En parallèle, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, met en garde : si le blocage maritime se prolonge 2 à 3 mois, la France pourrait entrer dans une pénurie énergétique, comme certains pays asiatiques.

Dans les faits, la situation reste maîtrisée : moins de 3 % des stations-service sont en rupture, en forte baisse depuis début avril. Mais plusieurs experts alertent sur unetension croissante des marchés, avec une redistribution mondiale des cargaisons de pétrole selon les prix.

Le principal point de vigilance concerne certains produits spécifiques : le kérosène pourrait être le premier touché, ce qui aurait des conséquences directes sur le transport aérien. Si la crise dure, des mesures de rationnement ou des réductions d’activité pourraient être envisagées.

L'analyse de l'APNA:

La situation actuelle ne relève pas d’une pénurie immédiate de kérosène en France, mais d’une tension structurelle sur les flux internationaux. Avant la crise, la consommation aérienne européenne s’élevait à environ 1,6 million de barils par jour, dont 500 000 importés. Environ la moitié de ces importations transitant par le détroit d’Ormuz, 250 000 barils/jour sont exposés. Les États-Unis compensant environ la moitié de ce volume, le déficit net est estimé à 125 000 barils/jour, soit près de 8 % de la consommation. Ce niveau est significatif mais demeure absorbable à court terme.

Les stocks stratégiques jouent à cet égard un rôle déterminant. Équivalents à environ 90 jours de consommation totale, ils pourraient compenser un déficit partiel pendant près d’un an si la décision de leur usage était prise.

Le point critique réside donc moins dans la disponibilité nationale que dans celle des pays de destination avec des ajustements de programme liés aux pénuries dans certains aéroports étrangers. Ainsi, Ryanair a prévenu qu'en cas de tension durable sur l'approvisionnement, la low cost pourrait réduire une partie de son programme entre mai et juillet, et supprimer jusqu'à 10% de ses vols, sans certitude que ces annulations soient plus motivées par la disponibilité du carburant que par l’absence de rentabilité.

Le calcul montre que le doublement du prix du kérosène génère un surcoût moyen de 129€ par passager sur un simple vol aller CDG/JFK.

Source : https://www.franceinfo.fr/economie/automobile/essence/on-vous-explique-pourquoi-les-specialistes-redoutent-une-penurie-de-carburant-en-france_7963961.html#at_medium=5&at_campaign_group=1&at_campaign=7h30&at_offre=3&at_variant=V3-meteo&at_send_date=20260426&at_recipient_id=459386-1703029824-ced067f6&at_adid=DM1287044

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