Le mirage des hubs du Golfe face au risque passager

La guerre au Moyen-Orient désorganise brutalement le transport aérien mondial, frappant en premier lieu les hubs du Golfe.

Entre fin février et mi-mars, les annulations atteignent des niveaux inédits : plus de 90 % des vols supprimés pour Qatar Airways, près de 75 % pour Etihad et environ un sur deux pour Emirates.

Des dizaines de milliers de passagers, majoritairement en transit via ces plateformes, se retrouvent bloqués, notamment en Asie.

Si les droits européens s’appliquent au départ de l’UE, ils disparaissent au retour lorsque le vol est opéré depuis un hub non européen par une compagnie non européenne, même dans le cadre d’un itinéraire global incluant l’Europe.

Les passagers se retrouvent alors soumis à des régimes juridiques locaux, souvent peu protecteurs.

L'analyse de l'APNA:

Cette crise met en lumière une fragilité structurelle du transport aérien européen : la dépendance croissante à des hubs non européens.

Le choix, souvent dicté par le prix, d’un transit via le Golfe expose les passagers à un risque juridique et opérationnel majeur.

Hors du cadre du règlement européen, la protection disparaît, laissant le voyageur seul face à des compagnies sans obligation équivalente d’assistance ou de réacheminement.

L’impact est immédiat : « pour la vieille Europe, ces vols qui effectuent normalement un stop dans un des grands hubs du Golfe représentent au total 35 % de la capacité offerte vers l’Asie ». La disparition brutale de cette capacité désorganise le marché et bloque les flux.

Au-delà du passager, c’est une question de souveraineté.

Une compagnie nationale conserve une responsabilité implicite de rapatriement, là où les opérateurs du Golfe n’ont aucune obligation vis-à-vis des Européens.

Or, la concurrence asymétrique — fiscalité faible, infrastructures intégrées, carburant à coût marginal — a détourné les flux et fragilisé les lignes directes européennes.

Le paradoxe est clair : en affaiblissant leur connectivité, les États européens ont renforcé leur dépendance, exposant leurs passagers dès que la crise surgit.

Source : https://www.air-journal.fr/2026-03-22-compagnies-aeriennes-non-europeennes-les-passagers-sont-ils-proteges-par-le-reglement-europeen-5274048.html?utm_source=Follow&utm_medium=email

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