IATA : et si le prochain chantier de la sécurité, c'était la formation des pilotes ?

La dernière assemblée générale de IATA a acté un changement de tête : Saadia Zahidi succédera à Willie Walsh à la direction générale, devenant la première femme à ce poste, tandis que Willie Walsh rejoint IndiGo, première compagnie indienne. Venue du World Economic Forum (Davos), sans expérience du secteur aérien, elle prend la tête d'une institution au poids considérable : fondée à La Havane en 1945, IATA fédère 370 compagnies assurant 85 % du trafic mondial, dans un secteur qui approche les mille milliards de dollars de chiffre d'affaires.

Sa singularité tient aux outils communs qu'elle administre : les chambres de compensation BSP et CASS, qui règlent en un point unique les sommes dues aux compagnies par les agences et le fret ; l'ICCS, qui convertit au meilleur taux les recettes encaissées en devises diverses ; l'ICH, qui solde les comptes entre transporteurs quand un voyage en emprunte plusieurs ; et l'IOSA, son audit de sécurité.

L'analyse de l'APNA:

L'arrivée de Saadia Zahidi vaut moins par sa charge symbolique que par l'organisation dont elle hérite, et dont on sous-estime la singularité. IATA n'est pas seulement la caisse de compensation du secteur : elle est, de fait, le garant de l'application des règles de sécurité. L'OACI, l'organisation intergouvernementale de l'aviation civile, met à jour les « standards et les pratiques recommandées, annexes de la convention de Chicago, mais ne peut pas les imposer aux compagnies : elle passe par les États, aux contrôles très inégaux. C'est ce vide que comble l'IOSA, l'audit de sécurité repassé tous les deux ans. Sa force tient au marché plus qu'à une menace d'exclusion : une compagnie absente du registre perd l'accès aux partages de codes, à l'interligne et à l'affrètement des grands transporteurs. Elle prolonge une règle de la convention de Chicago : l'affréteur répond de la sécurité de l'affrété. Reste un angle mort : la sécurité des vols stagne depuis dix ans, le maillon faible étant en amont — près d'un pilote européen sur deux finit sa formation initiale avec des compétences inadaptées au métier de pilote de ligne. La prochaine évolution de l'IOSA devrait viser cette formation initiale. Ce serait la meilleure preuve que IATA ne dort pas sur sa position dominante.

Source : https://www.tourhebdo.com/article.html?slug=vers-un-renouveau-de-iata

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