Transport aérien : le tourisme, moteur infini d'une croissance sous condition carbone

Selon l'IATA, la demande mondiale de transport aérien, mesurée en passagers-kilomètres payants (RPK), a progressé de seulement 0,2 % en juillet 2026 sur un an, un chiffre qui établit néanmoins un record pour ce mois, malgré le coût élevé du carburant, l'incertitude économique et les tensions géopolitiques. L'offre de sièges (ASK), en hausse de 0,3 % en juillet, devrait accélérer nettement : +1,9 % attendu en août et +2,9 % en septembre par rapport à 2025. Cette confiance des compagnies s'enracine dans un moteur qui paraît inépuisable, le tourisme : le record mondial d'arrivées de touristes internationaux, établi à 1,4 milliard en 2024, a été battu dès 2025 à 1,5 milliard, et 58 % de ces voyageurs traversent les frontières en avion. Derrière la moyenne mondiale, les écarts régionaux sont considérables : le corridor Asie-Europe bondit de 12,1 %, le marché intérieur chinois de 5,3 %, l'Amérique latine de 6,1 %, l'Afrique de 5,2 % et l'Europe de 3,1 %, quand l'Amérique du Nord recule de 1,2 % et le Moyen-Orient, pénalisé par la guerre, chute de 10 %.

L'analyse de l'APNA:

Le +0,2 % de croissance du trafic aérien mondial en juillet 2026 invite à la déception, mais pris isolément il ne dit rien. Il agrège des mouvements contradictoires : effondrement des hubs du Golfe, faiblesse nord-américaine, vigueur asiatique et latino-américaine. L'information n'est pas dans cette moyenne brouillée par le conflit moyen-oriental, mais dans la tendance de fond qu'elle laisse deviner.

Cette tendance est stable : l'IATA projette plus qu'un doublement de la demande d'ici 2050, soit environ 3 % par an, porté par un tourisme dont la croissance « semble infinie ». Mais cette moyenne recouvre deux mondes : dans les marchés matures — Europe occidentale, Amérique du Nord —, proches de la saturation, la croissance plafonne autour de 2 %, quand l'axe Asie-Europe bondit de 12,1 %. Le centre de gravité du secteur glisse vers l'Asie, l'Afrique et l'Amérique latine.

Ce doublement n'est soutenable notamment à la condition du respect de l’engagement de neutralité carbone en 2050. Or celui-ci repose largement sur l'émergence d'une filière du SAF, et notamment du e-SAF, ces carburants de synthèse produits à partir d'électricité décarbonée et de CO₂ capté. Le pari est industriel autant qu'écologique : si cette filière n'atteint pas l'objectif de substitution de 80 % du kérosène, la « demande infinie » du tourisme risquera de buter les contraintes physiques des ressources. C'est aussi là que se jouera l'avenir réel de l'aérien.

Source : https://www.latribune.fr/article/transports/13467135529298/le-trafic-aerien-mondial-bat-un-record-porte-par-l-asie

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