Turkish : défendre son hub en conquérant le low cost
AJet, la low cost 100 % Turkish Airlines née du rebranding d’AnadoluJet, poursuit une expansion fulgurante.
Elle vient de signer avec Dubai Aerospace Enterprise la location long terme de dix B737-8 supplémentaires pour 2026-2027, intégrés à une flotte déjà proche de 100 appareils mêlant 737-800, 737 MAX 8 et Airbus A320/A321.
S’appuyant sur une cinquantaine d’avions en wet-lease, AJet vise 200 appareils et 44 pays desservis en dix ans, dans un marché turc en croissance (+5,7 % de mouvements au S1 2025). Les grandes sociétés de locations d’avions (Lessors) renforcent leur rôle clé dans cette montée en puissance.
L'analyse de l'APNA:
L’exemple d’AJet illustre une tendance devenue structurelle : aucune major ne peut désormais laisser le champ libre aux ultra-low cost, qui grignotent chaque année des parts de marché significatives en Europe, avec 44 % du trafic en France contre ~33 % dix ans plus tôt.
Toutes ont donc bâti leur bras armé low cost :
Air France-KLM → Transavia, basée sur l’aéroport non hubé d’Orly ;
IAG → Vueling (aux côtés de British Airways et Iberia) ;
Lufthansa Group → Eurowings ;
TAP → TAP Express ;
SAS → SAS Connect ;
La stratégie est identique partout : défendre le réseau premium des hubs tout en occupant le segment prix, là où opèrent Ryanair, Wizz Air, easyJet… et désormais AJet.
Le groupe turc pousse la logique jusqu’au bout avec une ambition industrielle (200 avions) comparable à celle d’une ultra-low cost, mais adossée à la puissance d’un grand hub comme Istanbul.
Preuve supplémentaire que la bataille de la connectivité européenne se joue aussi sur le terrain du low cost, pas sur celui des injonctions à la décroissance.