L’aviation n’est plus un transport de riches
Deux études publiées fin octobre – l’une par l’ENAC avec un pointage du Groupe ADP sur 25 000 passagers, l’autre menée par l’IFOP pour la FNAM sur la période 2016-2024 – montrent une transformation profonde de la sociologie des voyageurs aériens en France.
Le transport aérien s’est nettement féminisé : les femmes, qui ne représentaient que 25 % des passagers dans les années 1980, sont désormais majoritaires (52 à 55 %).
Le public s’est aussi rajeuni : les 15-34 ans pèsent 46 % des passagers en 2024, contre 38 % en 2016.
Autre constat fort : l’avion n’est plus réservé aux catégories aisées. Les « CSP-moins» sont aujourd’hui majoritaires (52 %) à bord, et une large part des ruraux (60 %) ou habitants des communes de moins de 2 000 habitants (65 %) prennent l’avion, répondant ainsi à des usages réels : mobilité des jeunes, loisirs, études, emploi, et déplacements VFR (visiting friends and relatives).
L'analyse de l'APNA:
Ces études confirment ce que nous observons depuis des années : le transport aérien n’est plus un transport de riches, contrairement à une caricature commode utilisée pour justifier sa surtaxation.
L’avion est devenu un outil de mobilité de masse, populaire, irriguant les territoires et permettant aux jeunes, aux familles modestes et aux habitants ruraux d’accéder aux opportunités européennes.
Face à ces évolutions, continuer à présenter l’aérien comme un symbole d’inégalités sociales relève de l’idéologie.
Le secteur doit certes poursuivre sa trajectoire de décarbonation – carburants durables, renouvellement de flotte, optimisation des routes, mais son utilité économique, sociale et territoriale n’a jamais été aussi forte.
L’avenir du transport aérien français réside dans un usage raisonné, pas dans une décroissance punitive qui pénaliserait d’abord les classes populaires et les régions. L’avion doit rester un bien commun de mobilité, décarboné et accessible, au service de tous.