Quand Londres investit, Paris s’autopénalise
Le gouvernement britannique valide le projet d’une troisième piste longue de 3500m à Heathrow, accompagnée du déplacement et de la mise en tunnel de l’autoroute M25.
L’objectif est de porter la capacité de l’aéroport de 480 000 à 756 000 mouvements annuels et d’accueillir 150 millions de passagers, contre 84 millions aujourd’hui.
Le chantier, estimé à 57 milliards d’euros inclut la nouvelle piste, la modernisation complète de l’aéroport et l’amélioration des accès ferroviaires et routiers.
La décision doit être prise en 2026, pour une mise en service visée en 2035.
L’extension est présentée comme essentielle pour réduire les temps d’attente en vol, absorber la croissance du trafic long-courrier, ouvrir une trentaine de nouvelles destinations et soutenir la compétitivité du hub britannique.
L’opposition environnementale reste vive, mais Londres mise sur la modernisation de l’espace aérien et des flottes pour limiter l’impact local.
L'analyse de l'APNA:
La décision britannique d’engager 57 milliards d’euros dans l’extension d’Heathrow illustre une différence actuelle de culture politique flagrante.
Le présent gouvernement assume que la connectivité aérienne est un levier de souveraineté et d’attractivité post-BREXIT, pendant que la France s’enferme dans une bien-pensance anti-aérienne punitive.
Heathrow accueille déjà 83,9 millions de passagers pour 471 000 mouvements, quand CDG nourrit 70,3 millions de passagers pour 466 000 mouvements.
Et pourtant, Heathrow ne dispose que deux pistes, contre quatre à Roissy, un avantage structurel dont la France n’exploite pas le potentiel.
Au lieu d’investir comme les Britanniques — modernisation de l’espace aérien, nouvelles capacités, 30 destinations supplémentaires — les précédents gouvernements en France ont préféré multiplier ces dernières années les taxes, les interdictions symboliques et la stigmatisation politique du transport aérien.