« Partage de la valeur en 2025 : l’aérien prospère… sauf pour les compagnies »

2025 est une année record : près de 5 milliards de passagers, plus de 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 39,5 milliards de bénéfices pour les compagnies aériennes.

Pourtant, leur rentabilité reste dérisoire avec 3,9 % de marge nette, soit 7,9 dollars par passager face à une dette Covid pas encore digérée.

Pendant ce temps, l’amont industriel capte l’essentiel de la valeur : Safran, GE et les motoristes affichent 23 à 27 % de marge, tandis que les retards d’Airbus et Boeing créent une pénurie structurelle de flotte, coûtant déjà 11 milliards aux compagnies entre surconsommation, maintenance et location de moteurs.

La production insuffisante de carburant durable érode encore davantage leurs marges, obligeant certaines compagnies à revoir leurs objectifs.

Malgré une croissance du trafic supérieure à celle de l’économie mondiale, les compagnies restent le maillon le plus exposé et le moins rémunéré de la chaîne aéronautique.

L'analyse de l'APNA:

La réalité est implacable : motoristes, avionneurs et aéroports captent la valeur, tandis que les compagnies encaissent les risques et les taxes. Elles sont pourtant celles qui assurent la connectivité, l’activité touristique et la vitalité économique des territoires.

Avec moins de 4 % de marge, elles servent de tampon financier à une filière qui prospère en amont.

Dans n’importe quel autre secteur, un tel déséquilibre serait dénoncé comme une anomalie systémique.

Dans l’aérien, on s’y est résigné, et nos parlementaires, dans une méconnaissance confondante du fonctionnement de la filière, ajoutent encore des taxes, comme si les compagnies étaient un puits sans fond.

On oublie que le transport aérien est le moteur de la connectivité, du tourisme, de l’économie des territoires, et que sans compagnies solides, la belle mécanique industrielle européenne ou américaine perd sa raison d’être.

Source : https://www.canva.com/design/DAG7kC2l_5E/_WzsHYJTXT0flFAE8XfCgw/edit

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