La géopolitique du ciel en 2026 : Boom asiatique, marges record au Golfe, Europe bridée
Selon l’IATA, le transport aérien mondial devrait approcher les 1.050 milliards USD de revenus en 2025, avec un bénéfice net record de 41 milliards USD en 2026 (marge 3,9 %).
La croissance du trafic passagers est estimée à +4,9 % en 2026, portée par l’Asie-Pacifique (+7,3 %), mais freinée par une offre insuffisante : retards de livraison dépassant 5.000 avions, carnet de commande record de 17.000 appareils, moteurs indisponibles, et hausse continue des coûts de main-d’œuvre.
L’Europe deviendrait la première région mondiale en bénéfices avec 14 milliards USD, soutenue par des taux de remplissage de 84,7 % et une gestion disciplinée des capacités.
La croissance du trafic reste modérée (+3,8 %) dans un contexte de faible expansion économique (PIB zone euro : 1,1 %).
Le Moyen-Orient resterait la région la plus profitable (marge nette 9,3 %), grâce à un cadre politique très favorable et à son rôle de plateforme mondiale de correspondance.
L’Amérique du Nord connaitrait une année plus difficile avec un marché domestique en stagnation.
L’Amérique latine progresserait mais voit ses marges se tasser.
L'analyse de l'APNA:
Ce rapport IATA illustre une réalité économique incontournable : le transport aérien amplifie les cycles économiques.
C’est ce qu’on observe en Europe : 2,2 % de croissance du PIB génèrerait en moyenne 3,8% % de croissance du trafic aérien, qui malgré un environnement réglementaire et fiscal de plus en plus étouffant, parviendrait paradoxalement à devenir la première région mondiale en bénéfices…
De son côté, l’Indo-Asiatique cumule deux moteurs de croissance :
1️⃣ Une dynamique économique supérieure à la moyenne mondiale, immédiatement perceptible dans les chiffres de trafic ;
2️⃣ Un gigantesque effet de rattrapage, lié à l’explosion de la classe moyenne.
Des centaines de millions de personnes accèdent pour la première fois au tourisme, aux voyages d’affaires, aux mobilités régionales.
Ce n’est pas seulement de la croissance : c’est un changement d’échelle sociétal, qui propulse mécaniquement la demande de transport aérien.
Pendant ce temps : Le Moyen-Orient maximiserait son avantage stratégique avec une politique aérienne assumée, qui lui permet d’afficher des marges record.
Dans un monde où la pénurie d’avions et de moteurs limite la croissance mondiale, où les taux de remplissage battent des records, chaque siège disponible devient un actif stratégique pour un État comme pour une compagnie.