ADP- Roissy CDG : Prévision de croissance de trafic de seulement 1 à 1,5% par an d’ici 2035

Après trois mois de concertation publique, le groupe ADP a confirmé son plan de développement de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle à l’horizon 2035, sans changement majeur. ADP mise sur une croissance modérée du trafic de 1 à 1,5 % par an, soit une progression de seulement 7 % des vols d’ici 2035 (88 millions de passagers prévus contre 76 millions en 2019). Aucun nouveau terminal ne sera construit, à l’exception d’un satellite pour Air France. L’accent est mis sur la réduction du bruit (–30 %) et des émissions par la diminution de la part faite à la voiture pour l'accès aux aérogares, avec l'arrivée prévue du TER d'Amiens fin 2026, du CDG Express en mars 2027, de la ligne de métro 17 en 2030 (qui reliera la Défense et la gare Saint-Lazare) et la création d'un petit métro automatique reliant tous les aérogares. L'objectif d'ADP est de porter la part des transports en commun à 58 % des passagers en 2035, contre 33 % aujourd'hui, et à 17 % pour les salariés de la plateforme, contre 10 % aujourd'hui. ADP prévoit 40 000 embauches sur dix ans, dont 10 000 créations nettes d’emplois, tout en favorisant l’insertion locale.

L'analyse de l'APNA:

Le scénario retenu par ADP traduit une stagnation structurelle du trafic aérien français : avec à peine 1 à 1,5 % de croissance annuelle à Roissy-CDG, principal hub national, la France semble avoir atteint un quasi-palier de développement dans le transport aérien de correspondance. Cette modération s’explique à la fois par les contraintes environnementales et fiscales imposées au secteur, mais aussi par une politique publique assumée de plafonnement du trafic.

Dans les faits, seule la croissance du point-à-point, portée par les compagnies low-cost, pourrait encore soutenir l’activité globale, notamment sur les plateformes secondaires. Cette tendance se reflète aussi dans les prévisions d’emploi du secteur : Air France, moteur historique du recrutement de pilotes en France, est passée de plus de 400 embauches par an entre 2022 et 2024 à environ 240 en 2025, avec un prévisionnel de moins de 200 en 2026.

L’ensemble de ces indicateurs dessine une trajectoire préoccupante pour la compétitivité du pavillon français, dont la croissance est désormais bridée par un environnement réglementaire et fiscal défavorable, alors que les hubs concurrents — notamment en Europe du Sud ou au Moyen-Orient — continuent, eux, d’investir massivement pour capter la croissance mondiale du trafic aérien.

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/roissy-cdg-adp-promet-moins-de-bruit-et-plus-demplois-2191329

Précédent
Précédent

KLM, le maillon faible du groupe AF-KLM

Suivant
Suivant

La sous-traitance devient le support du maintien d’un modèle social ?