L’Inde, principal relais de croissance du transport aérien mondial
Avec 1,46 milliard d’habitants en 2025, soit près de 18 % de la population mondiale, l’Inde demeure très largement sous-représentée dans le transport aérien, avec moins de 5 % du trafic passagers mondial.
Comme la Chine au début des années 2010, elle est entrée dans une phase de rattrapage structurel, portée par la croissance économique, l’urbanisation, l’émergence rapide des classes moyennes et l’insuffisance des alternatives ferroviaires sur de longues distances.
Le trafic aérien indien progresse déjà de 8 à 10 % par an, principalement sur le marché domestique. Cette dynamique se traduit par un effort industriel sans équivalent : environ 1 600 à 1 800 avions sont actuellement en commande par les compagnies indiennes, majoritairement des monocouloirs destinés aux vols intérieurs et régionaux.
À elle seule, IndiGo concentre près de 1 000 appareils en carnet, tandis qu’Air India a passé une commande historique de 470 avions.
Parallèlement, le pays dispose d’environ 150 aéroports opérationnels, dont près de 75 internationaux, avec un objectif affiché de 200 à 220 plateformes d’ici 2030.
L’Inde constitue désormais le plus important réservoir de croissance identifié pour les quinze à vingt prochaines années, dans un mouvement profond, durable et largement inéluctable.
L'analyse de l'APNA:
Cette trajectoire indienne rappelle une évidence trop souvent ignorée en Europe : les populations en phase de développement économique aspirent légitimement aux mêmes libertés de mobilité que celles dont les pays occidentaux ont largement profité avant elles.
Aller expliquer à plus d’1,4 milliard d’habitants qu’ils devraient renoncer à l’avion au nom d’un impératif climatique découvert tardivement par les pays riches relève de l’illusion politique autant que morale.
La réalité est simple : la contrainte écologique sur l’aérien est inapplicable à l’échelle mondiale.
Le trafic ne disparaît pas ; il se déplace vers les régions en demande.
L’Inde, comme la Chine avant elle, a fait ce choix sans ambiguïté, en investissant simultanément dans les flottes, les infrastructures et les compétences.
Face à cette dynamique, la seule réponse crédible n’est pas la décroissance locale, mais la décarbonation du transport aérien : amélioration de l’efficacité opérationnelle, modernisation des flottes, optimisation du contrôle aérien et montée en puissance des carburants durables.
Le monde continuera de voler. La question n’est pas de savoir si, mais avec quelles solutions technologiques et quels acteurs industriels.