L’avenir des petits aéroports régionaux en question
Au premier semestre 2024, la fréquentation des aéroports européens a dépassé de 0,4% les niveaux de 2019, mais les 38 aéroports intermédiaires français, ceux qui comptent entre 100.000 et un million de passagers commerciaux, sont à la peine. Ainsi, « Lorraine Aéroport » ne survie que grâce à la subvention annuelle de 1,5 million d'euros versée par le conseil régional du Grand Est, alors que ses passagers se sont détournés vers le Luxembourg, à 90 kilomètres au nord. Parmi les 9 aéroports bretons, Rennes et Brest concentrent 98% du trafic. De son côté, l’aéroport de Pau est étranglé par Tarbes. De même, les 4 aéroports normands (Caen, Deauville, Le Havre et Rouen), peu éloignés de la capitale et situés à 100km en moyenne les uns des autres se cannibalisant, la région vient de décider d’un opérateur commun en espérant une coordination rentable.
L'analyse de l'APNA :
Le recul des petits aéroports régionaux tient beaucoup à leur structure de trafic lié à la combinaison de trois facteurs : l'évolution des déplacements professionnels, le retrait d'Air France et la dominante de trafic domestique de certains aéroports. Les allers-retours journaliers ont été remplacés par le télétravail ce qui explique que le trafic domestique était en 2023 en recul de 21% par rapport à 2019, contre 3% pour l'international. La question de la réduction du nombre des aéroports français se pose donc pour assurer leur pérennité, alors que le maillage aéroportuaire français est pourtant un actif et un atout notamment avec de nouveaux usages qui vont apparaître à l'horizon 2030 avec l'aviation régionale bas carbone, qui opérera en hybride-électrique sur de courtes distances, et des taxis aériens. En revanche, les subventions illégales et anti concurrentielles des régions aux compagnies Ultra Low Cost, ne peuvent être une solution.