Boeing : la crise sociale suit donc la crise des défauts de qualité

Les ouvriers de Boeing sur la côte Ouest des Etats-Unis, où se trouvent les usines d’assemblage des B737 Max et des B777/767, se sont massivement mis en grève illimitée après avoir refusé à 95% la proposition de 25% de revalorisation salariales sur 4 ans alors qu’ils en demandaient 40%. Cette mise à l’arrêt de la production, alors que Boeing peine à respecter ses délais, menace de pénaliser plus encore le constructeur américain, accablé par des retards de livraisons à la suite de nombreux incidents de production et par une dette de 60 milliards de dollars (54,14 milliards d’euros). La direction s’est dit prête à retourner à la table des négociations.

L'analyse de l'APNA :

Contrairement à la France où selon la constitution « la grève s’exerce dans le cadre des lois qui la réglemente », sans que quasiment aucune loi ne la réglemente, la grève aux Etats-Unis ne peut avoir lieu qu’après des procédures encadrées de négociation dans le seul cadre du renouvellement d’une convention, sans possibilité de grèves de solidarité. Le conflit une fois déclenché est alors majeur, puisque tous les coups sont permis allant jusqu’au licenciement des salariés.

  • Chez Boeing, la crise sociale suit donc la crise des défauts de qualité, ce qui retardera encore plus les livraisons des 6135 avions en commande au 31 août. Michael O’Leary annonçait cet été s’attendre à ne recevoir que 20 à 25 des 29 B737-Max prévus d’ici l’été 2025, les livraisons pourraient donc être encore réduites. C’est ce qui explique la réduction actuelle des stages d’entrée de pilotes chez Ryanair.

  • La logique financière qui a prévalu à la direction de Boeing depuis 1999 se paie aujourd’hui d’une perte de confiance des passagers, de l’autorité de contrôle (FAA) qui l’a mise sous tutelle, et aujourd’hui de ses salariés. Heureusement, que faute d’alternative, les clients, compagnies aériennes, sont toujours fidèles en continuant à commander des avions dont les dates de livraisons étaient déjà retardées avant la grève avec seulement 258 avions livrés sur les premiers 8 mois de 2024, au lieu des 344 de la même période de 2023.

Source : https://www.air-journal.fr/2024-09-14-boeing-les-ouvriers-dans-les-usines-dassemblage-en-greve-une-premiere-depuis-2008-5258000.html

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