Fermeture de l’espace russe : avantage compétitif aux compagnies chinoises
Grâce à la fermeture du ciel russe à leurs concurrentes européennes, les compagnies aériennes chinoises bénéficient d'un grand avantage compétitif, dont elles s'efforcent de profiter en multipliant les vols entre l'Europe et la Chine. Le nombre de vols entre la Chine et l'Europe a bondi de 74 % cet été, comparé à l'été 2023, soit quelque 30 vols supplémentaires par jour. L'offre est désormais supérieure à ce qu'elle était avant la pandémie. L'essentiel de cette offre supplémentaire est le fait des compagnies chinoises, tandis que celle des compagnies européennes n'a quasiment pas bougé. British Airways a même annoncé sa décision de suspendre sa ligne Londres/Pékin à compter du 26 octobre, faute de rentabilité. BA ne desservira plus que Shanghai et Hong Kong. Dans le même temps, Air China vient d'ouvrir un Pékin/Londres-Gatwick, tandis que Juneyao Airlines, une compagnie privée de Shanghai, arrive à Manchester.
L'analyse de l'APNA :
L’accord bilatéral France-Chine, renégocié en 2017, dispose d’une clause de suspension en cas de fermeture de l’espace aérien russe – ce qui est le cas depuis l’invasion de l’Ukraine pour les compagnies européennes - mais pas pour les compagnies chinoises. Cet accord fut donc suspendu en 2023 par le gouvernement français à la fin des mesures sanitaires chinoises afin de protéger sa compagnie nationale qui a dû réduire ses fréquences hebdomadaires vers Pékin/Shanghai de 32 avant Covid à 14. Les droits de trafic supplémentaires octroyés par les autorités françaises pour les Jeux Olympiques ont permis aux compagnies chinoises une progression spectaculaire de 121 % sur un an, au détriment de leurs concurrentes européennes. Il est à noter que la Turquie et les pays du Golfe sont aussi les grands profiteurs de la fermeture de l'espace aérien russe aux compagnies européennes, puisque devenus les hubs de contournement de la desserte de la Russie vers l'occident.