Brandt : l’État pleureles conséquences des causes qu’il a lui-même créées

La liquidation judiciaire de Brandt, dernier grand fabricant français de gros électroménager, illustre une contradiction devenue structurelle de la politique économique française.

Après avoir accru pendant des années la pression fiscale, réglementaire et administrative sur les entreprises industrielles, l’État et nombre de responsables politiques se disent aujourd’hui « attristés » par la disparition d’un fleuron centenaire.

Derrière l’émotion officielle, l’analyse pointe une réalité plus triviale : incapacité à investir, marges écrasées, compétitivité dégradée face à des concurrents mondiaux opérant dans des environnements bien plus favorables.

L’absence d’étude d’impact sérieuse des lois fiscales et sociales conduit à une politique publique qui taxe d’abord, subventionne ensuite, puis s’étonne enfin des faillites.

L'analyse de l'APNA:

Le cas Brandt est le reflet exact de ce qui est infligé au transport aérien français.

Les compagnies aériennes n’évoluent pas dans une économie protégée : elles opèrent dans un univers totalement délocalisable, à la vitesse d’un avion. Quand l’environnement devient hostile, les avions, les lignes, les emplois et les investissements partent ailleurs. Très vite.

La France persiste à légiférer sans étude d’impact sérieuse, puis se désespère des conséquences des causes qu’elle a elle-même créées : fiscalité punitive, surtransposition réglementaire, instabilité normative.

Pendant ce temps, nos concurrents européens et extra-européens captent sans difficulté les activités que la France décourage.

Dans l’industrie comme dans l’aérien, le schéma est toujours le même :

  • on fragilise la compétitivité par l’impôt et la contrainte,

  • on subventionne a posteriori pour « sauver » ce qui peut encore l’être,

  • puis on verse des larmes quand l’activité disparaît malgré tout.

L’APNA en appelle aux parlementaires : Nous appelons solennellement à un emergency shutdown de la production législative lorsqu’elle s’exerce sans vision de long terme et sans étude d’impact préalable sérieuse. À défaut, après Brandt, ce sont les compagnies aériennes françaises que l’on pleurera demain — avec la même surprise feinte et les mêmes discours larmoyants.

Source : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/brandt-pleurer-sur-la-tombe-dun-industriel-alors-quon-a-contribue-a-letouffer-nest-pas-de-la-compassion-2206624

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