Salaire des pilotes d’Air Transat +60% : le benchmark, clé de voûte des négociations des pilotes dans un ciel libéralisé

Les pilotes d’Air Transat ont approuvé à 91 % un nouvel accord collectif de cinq ans, conclu avec la direction et le syndicat Air Line Pilots Association (ALPA). Cet accord met fin à près de onze mois de négociations et écarte le risque d’un conflit social majeur.

Il concerne environ 750 pilotes jusqu’en 2030 et prévoit des augmentations salariales substantielles, comprises entre 49 % et 67 % selon les échelons, avec une hausse moyenne estimée autour de 60 %.

Le texte intègre également des améliorations notables sur la gestion des horaires, la fatigue, la qualité de vie au travail et les perspectives de carrière, notamment vers les postes long-courriers.

Les discussions visaient à combler un retard de rémunération et de conditions de travail par rapport aux autres grandes compagnies canadiennes, en particulier Air Canada et WestJet, déjà engagées depuis 2023 dans d’importantes revalorisations.

Pour Air Transat, cet accord apporte une stabilité sociale indispensable à la poursuite de son plan de redressement et à la modernisation de sa flotte.

L'analyse de l'APNA:

L’accord Air Transat illustre le fondement de la négociation des conditions de travail des pilotes à l’échelle mondiale. Les revendications n’y relèvent ni de la surenchère ni de l’idéologie, mais d’un rattrapage objectivé par rapport à un marché de référence.

C’est pourquoi les syndicats de pilotes nord-américains se sont structurés très tôt autour de pôles juridico-économiques capables de produire les bases de données indispensables à une négociation fondée sur le benchmark. Sans outils de comparaison fiables entre compagnies, aucune évolution cohérente des conditions de travail n’est possible. Avec la libéralisation des marchés aériens européens au début des années 1990, cette nécessité s’est imposée en Europe.

C’est dans ce contexte qu’a été créée l’ECA, European Cockpit Association, avec pour objectif initial de bâtir des instruments de comparaison entre compagnies afin de permettre des négociations rationnelles dans un marché devenu concurrentiel et délocalisable.

De son côté, l’IFALPA, fondée en 1948, avait historiquement pour mission principale la participation aux travaux techniques de l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), notamment en matière de sécurité.

L’intégration de l’ECA a accompagné l’évolution de l’IFALPA vers une prise en compte des enjeux sociaux et de l’ECA vers le lobbying auprès des institutions européennes, en particulier de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Dans un secteur mondialisé, ignorer le benchmark, c’est organiser la perte d’attractivité, la fuite des compétences et, à terme, la fragilisation de la sécurité des opérations.

Source : https://www.air-journal.fr/2026-01-10-271868-5271868.html?utm_source=Follow&utm_medium=email

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