La France aéronautiqueface à ses bureaucraties
L’année 2025 consacre la fin des faux-semblants. Après l’effet de rattrapage post-Covid, la croissance du transport aérien mondial se poursuit sur des bases plus mesurées mais structurelles, face à laquelle L’Europe, et plus particulièrement la France, ont fait le choix du renoncement stratégique et de l’enlisement administratif.
Au niveau européen, la doctrine des « ciels ouverts » est devenue un dogme intouchable. Incapable de se remettre en cause, l’Union européenne continue d’exposer le marché aérien européen à une concurrence profondément asymétrique, en ouvrant largement ses lignes à des compagnies extra-européennes soutenues par leurs États.
L’écologie, pourtant enjeu majeur et partagé par l’ensemble de la profession, est traitée sous l’angle exclusif de la contrainte réglementaire.
Les obligations liées aux carburants d’aviation durables (SAF) se multiplient sans qu’aucune politique industrielle crédible ne vienne en garantir la faisabilité.
Mais c’est au niveau national que l’incohérence devient la plus préoccupante. La Direction Générale de l’Aviation Civile, est en incapacité croissante à assumer ses missions fondamentales. Le contrôle aérien souffre d’un manque chronique d’anticipation, de modernisation et de pilotage stratégique, avec des conséquences directes sur la ponctualité.
L'analyse de l'APNA:
La délivrance et la gestion des licences de pilotes connaissent des délais incompatibles avec les besoins opérationnels des compagnies et des professionnels.
Le pôle médical aéronautique, quant à lui, est devenu un facteur de fragilisation des carrières, avec des délais excessifs.
Enfin, le contrôle économique des organismes de formation (ATO) est quasi inexistant, au détriment des élèves perdant leur investissement lors des faillites.
Face à cette accumulation de défaillances, le contraste est saisissant avec les stratégies assumées des pays du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Asie.
La revue de presse APNA 2025 dresse le constat d’une Europe et particulièrement d’une France aéronautique pénalisées moins par la conjoncture internationale que par l’incapacité de leurs propres administrations à remplir leurs missions essentielles.