Airbus immobilise 6000 A320:“la sécurité passe avant tout”

Airbus et l’EASA ont ordonné une modification d’urgence d’un logiciel de commandes de vol affectant la famille A320, après l’embardée d’un A320 JetBlue le 30 octobre.

Contrairement à l’estimation initiale de 6 000 avions potentiellement affectés, les vérifications ont montré qu’environ 4 000 appareils devaient réellement être traités.

Les compagnies ont profité des 24 heures de délai accordées pour réinstaller la version précédente du logiciel, une opération simple d’environ trois heures.

Résultat : moins de 100 appareils étaient encore immobilisés 24 heures plus tard, sur les 9 376 A319/A320/A321 en service.

Les perturbations sont restées limitées avec un retour quasi complet à la normale dès samedi, y compris aux États-Unis en plein Thanksgiving.

Seule Avianca, dont 70 % de la flotte est affectée, anticipe encore des perturbations. Une nouvelle mise à jour des logiciels de commandes de vol sera nécessaire et la question des responsabilités reste ouverte.

L'analyse de l'APNA:

Cet épisode constitue une démonstration éclatante de ce qui fait la force de l’aéronautique : une industrie qui place la sécurité au-dessus de tout, y compris lorsqu’elle doit intervenir sur la famille d’avions la plus utilisée au monde. La famille A320, ce sont plus de 12260 appareils livrés, dont 9376 A320 encore en service actif.

Malgré cet enjeu colossal, Airbus a assumé sa responsabilité en déclenchant une directive immédiate, sans attendre qu’un drame valide a posteriori la nécessité d’agir. La performance opérationnelle de la filière mérite également d’être soulignée : près de 4 000 avions modifiés en 24 heures, moins de 100 appareils encore cloués au sol le lendemain. Cette capacité collective d’adaptation montre à quel point la chaîne aéronautique mondiale a intégré une culture du risque extrêmement mature.

La comparaison avec l’automobile frappe encore davantage : les airbags Takata ont entraîné le rappel de 100 millions de véhicules après avoir causé plus de 30 morts, après des années d’atermoiements. Dans notre industrie, la temporalité n’est pas la même : face à une anomalie logicielle, la réaction est immédiate, transparente et globalisée.

Source : https://www.aerobuzz.fr/depose-minute/a320-takata/

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