Taxes aériennes : 1,3 million de passagers perdus, zéro CO₂ évité

Les aéroports français constatent déjà les effets du triplement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion : en six mois, les compagnies low cost — qui assurent plus de 50 % du trafic régional — réduisent massivement leur présence en France.

Pour l’hiver, 21 lignes ont disparu (630 000 passagers en moins) et l’été 2026 s’annonce pire, avec 27 liaisons supplémentaires supprimées et une perte totale estimée à 1,3 million de passagers sur deux saisons.

Les petits aéroports sont les plus touchés : Brive pourrait perdre 70 % de son activité ; Perpignan, Carcassonne et Tarbes redoutent des fermetures de lignes. Les passagers se tournent vers les pays moins taxés, alimentant la croissance à deux chiffres de l’Italie, de l’Espagne ou du Portugal.

La DGAC confirme que la hausse de la TSBA a freiné le trafic français, renchéri les billets et coûté 2 à 3 points de croissance. Malgré l’appel du ministre des transports à une « pause fiscale », une partie du gouvernement assume une vision punitive du secteur aérien, allant jusqu’à souhaiter que seuls « les riches » puissent voyager.

L'analyse de l'APNA:

Cette nouvelle alerte des aéroports confirme une réalité que l’on feint encore d’ignorer : la surtaxation française ne réduit aucune émission de CO₂.

Elle provoque simplement un transfert massif d’activité vers les pays voisins, où le trafic continue de croître.

La décroissance aérienne française n’est qu’une décroissance… en France. Les passagers ne renoncent pas : ils décollent d’ailleurs, et les emplois, les retombées touristiques et fiscales suivent la même trajectoire.

Le contraste avec l’Europe est saisissant : partout ailleurs, on soutient la connectivité et l’attractivité. Seule la France persiste dans un modèle punitif qui asphyxie ses régions sans le moindre bénéfice climatique.

Entendre certains ministères se réjouir à l’idée que seuls les plus aisés puissent voyager illustre une déconnexion inquiétante.

Pire encore, dans un contexte d’incertitude budgétaire où chaque semaine apporte son lot d’annonces contradictoires, toute initiative populiste conforme à la bien-pensance d’une aviation érigée en bouc émissaire reste possible. Une « pause fiscale » ne serait pas une faveur : simplement le retour au bon sens, à la cohérence européenne et à la défense de l’économie française.

Source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/la-surtaxation-des-billets-davion-pourrait-couter-13-million-de-passagers-aux-aeroports-francais-2201691

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