CDG Express : les importants retards font à nouveau enfler la facture pour l'Etat
La liaison ferroviaire dédiée CDG Express actuellement en construction, déclarée d'utilité publique dès 2017, devait être opérationnelle pour les JO 2024, mais elle ne sera inaugurée qu'au mieux en mars 2027, officiellement en raison des recours en justice soulevés par des opposants au projet ferré, menés au nom de la protection des espèces animales. Fin 2018, le groupement Hello Paris réunissant Keolis (filiale de la SNCF) et la RATP avait été retenue pour la future exploitation de la ligne directe pour cette ligne longue de 32 kilomètres dont 8 kilomètres totalement à créer. A terme, ce nouveau train devrait transporter en 20 minutes quelque 9 millions de passagers par an entre CDG et la Gare de l'Est, absorbant 14 % du trafic de passagers, alors que la part modale de la voiture (autos particulières, taxis, VTC) vers la première plateforme nationale représente 56 %, contribuant à l'engorgement des autoroutes A1 et A3.
L'analyse de l'APNA :
Le coût du projet a explosé à 2,2 milliards d’euros dont 537 millions pour l’amélioration de la ligne existante du RER B (voies, signalisation, etc.), qui partagera une grande partie de son tracé avec le CDG Express. Les 24€ pour un ticket aller simple permettant seulement de rejoindre la gare de l’Est, mal desservie par le réseau métropolitain, paraissent élevés rapportés aux forfait taxi de 56 € entre l'aéroport de Paris - Charles-de-Gaulle et Paris rive droite. L’aéroport de Roissy se révèle l’aéroport le moins bien desservi de tous les aéroports majeurs européens, ce qui explique notamment la préférence des touristes asiatiques à préférer entrer et sortir d’Europe par d’autres pays tels que l’Allemagne ou l’Angleterre.
La France désindustrialisée dépend aujourd’hui de son tourisme qui a apporté 63 milliards d’euros en 2023, sachant que le touriste étranger dépense en moyenne 1100€ durant son séjour en Espagne et seulement 650€ en France. L’écart entre la France et l’Espagne porte sur 28 milliards par an, soit 1 point de croissance du PIB français. L’action publique se devrait de l’intégrer dans ses priorités.